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Les adaptations de l’organisme à un entraînement de force

Un programme de musculation peut induire en trois à six mois des gains de force de 25 à 100%. Comment devient on plus fort ? Quelles adaptations de l’organisme le permettent ?

1. Les dimensions du muscle ?

Le gain de force va généralement de paire avec une augmentation du volume musculaire (et inversement : une atrophie musculaire avec une perte de force).
Lorsque l’on observe les records mondiaux en haltérophilie, on constate que les catégories de poids plus lourdes soulèvent des charges …plus lourdes. La courbe des poids et la courbe des records augmentent proportionnellement en arraché, comme en épaulé.
Le gain de force passe bien par un gain de volume musculaire mais, elle n’en est pas la seule cause. L’amélioration de la force s’explique aussi par d’autres mécanismes.
Par exemple, une femme soumise à un même programme d’entraînement qu’un homme verra sa force s’améliorer dans les mêmes proportions, par contre, son volume musculaire n’augmentera pas pour autant.
Il existe aussi des exploits « sur humains » de certaines personnes, qui sous l’effet d’un choc psychologique, développent une force incroyable.

Le gain de force, oui, mais, comment ? Et, pourquoi ?

On constatera que ce sont surtout les facteurs nerveux qui sont responsables de l’amélioration initiale de la force musculaire, les gains ultérieurs sont dus à l’hypertrophie.

2. Les facteurs nerveux sont en partie responsables de l’amélioration de la force musculaire.

La composante nerveuse explique le gain de force. Certains spécialistes vont plus loin et prétendent qu’une amélioration de la force peut survenir sans aucune modification structurale du muscle, à savoir, par simple adaptation nerveuse :

  • A - L’entraînement permet le recrutement plus synchrone des unités motrices, lesquelles une fois stimulées, additionnent leurs effets, améliorant la contraction musculaire.
  • B – L’entraînement diminue l’inhibition autogène : l’organisme a des mécanismes de défense qui lui sont propres. Par exemple, en cas d’extension trop forte des tendons, afin d’éviter la rupture, se manifeste ce que l’on appelle le réflexe de Golgi qui provoque la contraction involontaire du muscle. C’est un phénomène d’inhibition autogène parmi d’autres. Or, l’entraînement permettrait de faire reculer les seuils déclencheurs de ces inhibitions et donc, d’améliorer la force développée.
  • C - La notion de coactivation des muscles agonistes et antagonistes est à prendre en compte : Les muscles agonistes sont responsables du mouvement, les antagonistes s’y opposent. Par conséquent, si les deux groupes se contractent simultanément et développent une force identique, le mouvement est rendu impossible. De ce fait, la force développée par l’agoniste est plus importante si l’antagoniste est peu actif. L’entraînement permettrait de diminuer cette coactivation.


Les facteurs nerveux sont bien responsables du gain de force. Mais allons voir aussi du côté de l’hypertrophie musculaire.

3. L’hypertrophie musculaire

Comment s’effectue l’augmentation du volume musculaire ? L’hypertrophie chronique résulte d’un entraînement prolongé de force, c’est une modification structurale du muscle avec d’une part une augmentation du nombre de fibres musculaires (hyperplasie) et de l’autre, une augmentation de la taille de ces fibres (hypertrophie).
Quels sont les mécanismes responsables de ces deux phénomènes ?

  • A - L’hypertrophie des fibres musculaires : Elle est provoquée par l’augmentation des myofibrilles et du nombre de filaments d’actine et de myosine, ce qui provoque l’augmentation des surfaces de section des fibres musculaires, et contribue à accroître la force de contraction maximale. Mais, l’hypertrophie musculaire peut aussi s’expliquer par une augmentation des synthèses protéiques dans le muscle. En permanence, les protéines sont synthétisées ou dégradées au niveau du muscle, or, plus un muscle est sollicité, plus il doit subvenir à ses besoins énergétiques ; un organisme entraîné augmente sa synthèse protéique. La testostérone expliquerait quant à elle, la différence de prise de volume musculaire entre les hommes et les femmes. Cette hormone agit en effet sur la croissance musculaire.
  • B – L’hyperplasie des fibres musculaires : L’augmentation du volume musculaire s’expliquerait aussi par une augmentation du nombre des fibres musculaires chez un individu soumis à un programme d’entraînement de force. Cette théorie reste encore à l’étude aujourd’hui et ne semble se constater que dans quelques cas particuliers.


L’entraînement de force doit être adapté et suffisamment dosé pour stresser l’organisme qui réagit par des adaptations nerveuses et structurales du muscle. Alors, le gain de force est rendu possible.

Biblio -D. Costill, J.Wilmore-

sante/prepaphysique/adaptationorganismeentrainementforce.txt · Dernière modification: 2015/06/29 20:42 par ascjudo
 
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