Les origines des Katas

Tous les arts martiaux se sont perpétués jusqu'à nos jours par le truchement de katas appropriés, inventés par de grands maîtres. C'est ainsi que dans les vieux manuscrits, nous apprenons de certains samouraïs la manière dont ils furent initiés par de vieux maîtres aux secrets de leur art. Généralement, le disciple travaille de nombreuses années auprès d'un maître qui lui enseigne les rudiments de l'escrime, de la lutte ou du tir à l'arc, suivant sa spécialité. Lorsque le maître juge que l'élève a atteint une certaine maturité physique et mentale et qu'il est enfin digne d'être initié aux techniques supérieures (généralement secrètes) de son art, il convoque ce dernier en grand secret et de préférence la nuit, dans son dojo particulier. Là, après avoir fait prêter serment au néophyte de ne jamais révéler à qui que ce soit l'enseignement qu'il va recevoir, le vieux maître commence à exécuter devant son disciple une sorte de danse étrange. Avec un cérémonial impressionnant et une tension mentale extraordinaire, le maître exécute dans un enchainement ininterrompu, les déplacements, déséquilibres, coups, prises et contrôles les plus surprenants, qui bien souvent ne sont pas tous compris par l'élève. Celui ci reçoit alors les explications complémentaires et commence aussitôt à apprendre les gestes secrets. Parfois cette démonstration s'exécute avec un ou deux partenaires, rarement plus. Le maître est alors secondé par ses disciples les plus avancés. Dans tous les cas, il s'agit d'assimiler un condensé des prises les plus représentatives d'une technique et, pour le ju-jitsu cela se résume, suivant les écoles, en une série d'atemis redoutables, de projections inédites ou de contrôles efficaces. Mais le plus important est ce qui échappe à un œil non averti, les déplacements, les déséquilibres et l'état mental.

Les katas dans le judo

Maître Jigoro Kano disait volontiers : “Les katas sont l'éthique du judo. Dans ceux-ci se trouve l'esprit du judo, sans lequel il est impossible d'apercevoir le but.”. Le kata est à la fois un ensemble de techniques fondamentales, un mode d'étude spécial et une forme d'entraînement rigoureusement codifiée, afin de transmettre de génération en génération la technique, l'esprit et les buts du judo. Le judo, dans son esprit de synthèse, a retenu quelques-uns de ces katas les plus efficaces. Il est ainsi donné à l'élève soucieux de progresser, la possibilité d'ajouter à son entraînement ordinaire (étude et combats) une forme très spéciale de pratique et d'étude. Il existe ainsi neuf katas en judo. Chacun d’eux permet de donner à l'élève un enseignement unique sur la technique fondamentale et l'esprit le plus haut du judo. Cet enseignement est évidemment progressif et commence par des techniques de base pour se terminer par les principes les plus élevés du judo supérieur.

Les trois premiers katas enseignent la technique de base du corps-à-corps en combat libre. Il forme le Randori No Kata (乱取りの形), et il se divise en :

  • Nage No Kata (投の形) ou formes fondamentales de projections,
  • Katame No Kata (固の形) ou formes fondamentales de contrôle de soi,
  • Kime No Kata (極の形) ou formes fondamentales de décision, également appelé Shinken Shobu No Kata (真剣勝負の形), formes fondamentales de combat réel (atemi et kiai).

Le quatrième est Ju No Kata (柔の形) ou formes de la souplesse. Ce kata enseigne le principe 柔 (Ju) de judo, c'est-à-dire la souplesse. Il applique ces techniques de souplesse à l'attaque et à la défense, en utilisant l'énergie de la manière la plus efficiente.

Koshiki No Kata (古式の形) est le cinquième kata et il se traduit par formes antiques. C'est le kata de l'ancienne école de jiu-jitsu de Kitô. Maître Kano, qui étudia la technique de cette école, la garda dans les katas du judo moderne et l'on rapporte qu'il l'affectionnait tout particulièrement. En fait le Koshiki No Kata est riche en enseignement et possède l'essentiel des secrets du Tsukuri, Kuzushi et Tai Sabaki. Ce kata s'exécutait anciennement en armure de samouraï. De nos jours, il est exécuté en judogi, mais chaque partenaire mime dans sa démarche les gestes pesants du porteur d'une armure.

Le sixième kata est probablement le plus élevé dans sa technique et son esprit. Toutefois si ce kata Itsutsu No Kata (五の形) n'est demandé que pour l'examen de 7e dan, le kata précédent est, lui, demandé pour le passage de 8e dan ! Son étude peut commencer toutefois bien avant et ne dépend en fait que du maître et surtout de l'état de maturité du disciple. Ce singulier kata n'a pas de nom significatif, car il se traduit par formes des cinq. Ce sont en effet cinq formes de techniques sans nom, ni définition. Maître Kano mourut avant de les définir et de les baptiser par une appellation adéquate. Ils enseignent d'une manière directe l'expérience du maximum d'efficience au travers d'élégants mouvements représentant les forces cosmiques.

Le septième kata, au nom très long de Seiroku Zen'yo Kokumin Taiiku No Kata (精力善用国民体育の形) est une forme d'éducation physique nationale, basée sur le principe du maximum d'efficacité. Son but est double : il vise à l'entraînement complet du corps, afin de le développer harmonieusement et d'initier d'autre part ses pratiquants à l'art du combat dans l'attaque et la défense. Cette forme d'entraînement est particulièrement indiquée pour les débutants en judo, surtout pour les enfants et les femmes. Il est d'autre part un excellent moyen de préparation à l'entraînement classique.

Enfin, les huitième et neuvième katas, communément appelés Kodokan Goshin Jutsu (講道館護身術), sont des techniques de self-défense pures et sont spécialement étudiées pour les pratiquants féminins et masculins. Traditionnellement, ces derniers étudieront Ippon Yo Goshin No Kata, tandis que les jeune filles et les dames se spécialiseront dans Fujoshi Yogoshin No Kata.

On pourra y ajouter le Go No Sen (後の先), qui n'est pas considéré comme un kata à proprement parler par le Kodokan. Le Go No Sen est un exercice de contre-prises de judo qui se décompose en deux séries de six techniques chacune. La première série correspond à des techniques de jambes (Hashi Waza), la seconde à des techniques de hanches (Koshi Waza) et de bras (Te Waza). Autrefois requis pour le passage 4ème Dan, celui peut être présenté depuis 2010, dès le 3ème Dan.

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judo/katas.txt · Dernière modification: 2015/05/17 19:53 par ascjudo
 
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